Article du Sud-Ouest du 07 11 2016

ARIOSO : Quatre décennies de chants et de souvenirs 

le chœur ARIOSO, dirigé par Stéphanie SALVO va fêter ses quarante ans 

En 1977

J'arrivais de Marseille où j'appartenais à l'Ensemble vocal universitaire, et j'avais envie de continuer à chanter dans une chorale », raconte Bernard Dutillet, fondateur d'Arioso, dont il est toujours le président. Cela se passait à Orthez en 1977, il y a bientôt quarante ans. Le jeune choriste motivé trouve d'abord un chef de chœur grâce à des amis : ce sera Bernard Moulia (parent des imprimeurs) : « Il faisait ses études de musique à la fac de Pau et il fallait qu'il dirige une chorale, cela tombait bien », se souvient Bernard Dutillet. Dans la foulée, et par le bouche-à-oreille, il recrute une douzaine de choristes.

 

Arioso est né.

Enfin pas tout à fait, car l'ensemble ne porte pas encore ce nom. « Il a fallu qu'on trouve un local, poursuit le fondateur, l'Amicale laïque nous a hébergés derrière le Studio cinéma : alors nous étions la chorale de l'Amicale laïque. » Au bout de sept ans, la formation déménage à l'école de musique, qui se trouvait alors dans la rue Bourg-Vieux. « Là nous nous sommes constitués en association et avons pris le nom d'Arioso, un choix collectif sur une idée de Bernard Moulia. Cela veut dire petite aria (1), ça sonnait bien. » Bernard Moulia restera à la tête du chœur jusqu'en 1988,

 

1988 Hélène Pereira

année où Hélène Pereira, également issue de la faculté de musique de Pau, lui succédera. « Notre répertoire a un peu changé : jusque-là nous chantions des airs populaires, des petites pièces en espagnol, anglais, etc. », explique Bernard Dutillet. Arioso, qui compte alors une trentaine de choristes, s'attaque à ses premières œuvres classiques, à commencer par le « Magnificat » de Vivaldi. Le chœur s'étoffe et démarre ses « tournées » à l'étranger. Au Portugal, en juillet 1991, le groupe croit mourir de chaud à bord d'un bus non-climatisé ! « Mais ça a donné une autre dimension à la chorale, atteste le président : le fait de passer une semaine ensemble a soudé les choristes. »

 

À la télé québécoise en 1996

Après cela, la troupe repart en vadrouille régulièrement : Bavière, Italie, Espagne, Belgique et même au Québec, pendant quinze jours, en 1996. « Cette année-là il y avait eu des inondations catastrophiques vers le lac Saint-Jean, près de là où nous allions. Alors, pour le concert qu'on a donné dans une église à Montréal, on a reversé la recette aux victimes : on était passés à la télé québécoise ! », se souvient Bernard Dutillet avec émotion.

 

En 2000, Stéphanie Salvo prend la tête du groupe, et elle l'a gardée depuis. Formée par Pascale Verdier, une référence en matière de direction de chœur, elle a amené Arioso à un niveau d'excellence remarqué par le public. « Avec elle nous avons fait d'énormes progrès », atteste le fondateur. Qui se rappelle non sans fierté leur « Requiem », de Mozart, mais aussi la « Messe de gloire » de Puccini, ou, plus récemment, la « Misa tango » argentine de Palmeri.

 

Les 40 ans

Pour fêter dignement ses 40 ans, la chorale, forte d'une soixantaine de membres aujourd'hui, donnera un super-concert autour du « Gloria » de Vivaldi, le 10 juin, à Saint-Pierre. Une dizaine de musiciens les accompagnera pour l'occasion. En première partie, les spectateurs bénéficieront d'un florilège des œuvres interprétées ces dix dernières années.

Pour patienter avant ce rendez-vous, le groupe a prévu diverses réjouissances. Le 27 novembre, à l'église Saint-Pierre, Arioso rechantera le « Hör mein Bitten », de la compositrice paloise Nathalie Biarnes, une création mondiale que le chœur a déjà interprétée en juin (photo). Et d'ici là les choristes préparent une surprise…

 

(1) Une aria est une pièce de musique écrite pour un vocaliste solo dans un opéra.

Luce Gardères